Le Belge moyen utilise quotidiennement 120 litres d'eau. Ces eaux sont bien entendu évacuées après utilisation et deviennent ce que l'on a coutume d'appeler des eaux usées. Celles-ci sont rejetées, souvent sans aucun contrôle ni traitement, dans l'écosystème : nous polluons ainsi rivières, mers, lacs et nappes souterraines... S'il est essentiel de moins les polluer avant tout, l'étape de l'épuration n'en est pas moins nécessaire.
On pourrait penser qu'à notre époque toutes les eaux usées sont épurées avant de retourner dans le cycle de l'eau. Même pas : seul un tiers l'est. Ce qui veut dire que les deux tiers des eaux wallonnes sont rejetées dans notre environnement, sans autre forme de procès. C'est très loin des objectifs européens en la matière. Jusqu'à l'année passée, la capitale la plus européenne de l'Union - Bruxelles ! - n'avait pas de station d'épuration. Aux dernières nouvelles, on attend le démarrage d'une des deux prévues. Cela dit, de grandes villes wallonnes n'en sont pas plus loin...
Les polluants les plus nombreux et les plus connus sont les nitrates et les phosphates, provenant des matières organiques (notamment fécales...) et des eaux de vaisselle. Les nitrates proviennent de la transformation de l'azote organique en azote minéral, cette transformation se faisant à l'aide de bactéries. Les plantes se fournissent en azote, un des éléments indispensables à leur constitution, essentiellement sous la forme minérale : les nitrates sont donc de la nourriture pour elles.
Mais, en trop grandes quantités, ces nitrates provoquent l'eutrophisation
des cours d'eau (leur asphyxie). Dans les nappes souterraines, où ils se
trouvent après percolation au départ de la surface, ils contaminent l'eau qui
sera celle de notre robinet (après potabilisation).
Si ce sont là les principaux polluants, il y en a d'autres. Pas question donc
de vider dans nos éviers nos fonds de peinture, solvants divers, pesticides,
métaux lourds et autres polluants "domestiques" !
Epurer des eaux usées peut grosso modo se faire de deux manières différentes. La plus classique consiste à regrouper les eaux de toute une population via un réseau d'égouts. Ces égouts se connectent sur les collecteurs - les petits égouts faisant les grands collecteurs - qui aboutissent à la station d'épuration - quand il y en a une. Une fois épurée, l'eau est rejetée dans les rivières.
L'autre façon de faire est l'approche individuelle. On voit bien souvent l'épuration individuelle comme un palliatif à l'épuration collective. En effet, dans certaines zones où le relief est très marqué - ou l'habitat très dispersé -, le système d'épuration collective est inadapté car le raccordement à l'égout est trop onéreux ou impossible. Mais l'épuration individuelle n'est pas qu'une solution de rechange, car du point de vue de l'environnement, c'est une alternative concurrentielle à l'épuration collective. Nous y reviendrons, en parlant de la qualité de l'épuration.
L'autre façon de faire est l'approche individuelle. On voit bien souvent l'épuration individuelle comme un palliatif à l'épuration collective. En effet, dans certaines zones où le relief est très marqué - ou l'habitat très dispersé -, le système d'épuration collective est inadapté car le raccordement à l'égout est trop onéreux ou impossible. Mais l'épuration individuelle n'est pas qu'une solution de change, car du point de vue de l'environnement, c'est une alternative concurrentielle à l'épurationcollective. Nous y reviendrons, en parlant de la qualité de l'épuration.
1. Qui est concerné par l'épuration individuelle ?
2. Vous n'avez cependant pas le choix de votre mode d'épuration (collectif ou individuel), c'est le PCGE de votre commune qui décide. Renseignez-vous auprès de votre administration communale pour savoir dans quelle zone est votre habitation !
3. En résumé, vous êtes dans une des trois catégories suivantes :
3.1 votre bâtiment est situé en zone égouttée, c'est à dire que l'égout passe dans votre rue ;
3.2 votre bâtiment se situe en zone égouttable, ce qui veut dire que votre zone ne dispose pas encore des égouts mais que cela est prévu dans le PCGE ;
3.3 votre bâtiment se situe dans une zone qui ne sera pas égouttée.
La situation et très claire en zone égouttée : vous devez vous raccorder au réseau d'égouts existant, mais des dérogations sont possibles. Sans entrer dans les détails, les motifs de dérogation peuvent être une situation topographique particulière, un coût du raccordement à l'égout excessif... Dans ce cas, vous devrez passer en épuration individuelle au plus tard pour le 31 décembre 2009.
Cette zone n'est pas pourvue d'égouts à l'heure actuelle mais leur implantation est prévue. Ce qui veut dire que vous vous trouvez dans une situation intermédiaire et c'est votre commune qui détermine les mesures à appliquer en attendant la pose des égouts.
La zone non-égouttable ne sera jamais pourvue d'égouts, pour les raisons évoquées précédemment. C'est donc le système de #146 ;épuration individuelle qui sera retenu. Vous avez jusqu'au 31 décembre 2009 pour installer votre système d'épuration, pour une habitation existante, sinon le système est obligatoire à la construction d'un bâtiment.
Tous les détails se trouvent dans une brochure éditée par la Région wallonne.
On distingue plusieurs modes de traitement domestique des eaux usées. Tout
d'abord, le système associant une fosse septique à un filtre bactérien, ainsi
que les micro-stations, qui agissent un peu comme une station d'épuration
collective.
Viennent ensuite les systèmes utilisant des plantes et des micro-organismes
(lagunage, plateau absorbant) et enfin, les systèmes basés sur la prévention,
dits "à toilettes sèches".
Un système d'épuration individuelle classique se compose en fait de trois
éléments qui assurent le prétraitement, le traitement et l'évacuation des eaux
usées.
L'élément de prétraitement (fosse septique ou fosse de décantation) a pour but
de décanter les eaux et de dégrader certains polluants (par des bactéries
anaérobies). Un dégraisseur peut être présent pour séparer les graisses dans
les eaux grises (ou de vaisselle), qui vont rejoindre les eaux vannes (des
toilettes).
Vient ensuite le traitement proprement dit, où une bonne partie des polluants
qui ont échappé au prétraitement sont transformés par des bactéries (aérobies
cette fois-ci) : le filtre bactérien.
L'évacuation finale des eaux épurées se fait soit dans le sol (par le biais de
drains de dispersion ou d'autres systèmes), soit directement dans une
canalisation ou un ruisseau.
Les deux opérations de prétraitement et de traitement peuvent être intégrées en
une "micro-station". Le principe consiste à injecter en permanence de
l'air pour stimuler les bactéries aérobies qui transforment la matière
organique en matière minérale. Si un tel système peut être très efficace, il
faut bien veiller à ne pas le sous-dimensionner : les eaux ne restent alors pas
assez longtemps en traitement et l'épuration est incomplète.
Le lagunage est un système qui se compose de plusieurs bassins disposés à
l'extérieur et de deux fosses septiques. Les eaux grises et les eaux vannes
subissent un prétraitement séparé avant d'aboutir dans le premier bassin et
ensuite dans les suivants.
L'eau est d'autant mieux épurée qu'elle peut séjourner longtemps dans les
bassins où les plantes aquatiques et les algues vont assimiler certaines
matières polluantes pour se développer. Ensuite, les plantes devront être
retirées du bassin et compostées. Comptez 5 à 10m2 de bassin par
personne en fonction de la performance recherchée : soit un rejet dans le sol,
soit l'alimentation d'une mare naturelle par les eaux épurées !
En matière de gestion des eaux, certains adoptent des méthodes très
efficaces mais assez "révolutionnaires". Ce qui est le plus difficile
à traiter dans les eaux usées, ce sont les nitrates (venant des matières
organiques). Et le plus gros producteur de matière organique dans une maison,
c'est le WC. Donc, au lieu d'évacuer les matières fécales par voie d'eau, on
les récupère pour les composter.
Si le principe est très séduisant, passer à ce mode de fonctionnement est
culturellement révolutionnaire. Certains l'ont adopté et en sont très
contents... Pour plus d'informations, voyez nos adresses utiles (des visites
sont possibles).
Reste bien sûr l'épuration des eaux grises, qui se satisfait d'une fosse
septique suivie d'une tranchée filtrante. Si l'on veut se servir de l'eau comme
alimentation de mare, on ajoutera un filtre à sable.
En dehors de toutes les considérations légales et pratiques, quelles sont
les performances environnementales des différents systèmes ?
Les stations d'épuration collectives épurent l'eau par différents procssus
mécaniques, biologiques voire chimiques. En ce qui concerne les polluants, si
le processus biologique permet une certaine récupération de l'azote organique,
une partie de celui-ci est quand même transformée en nitrates et rejetée par la station. Si cette
station est pourvue d'un traitement chimique des eaux, dit tertiaire, le taux
de nitrates contenus dans les eaux épurées diminue.
Malgré tout, les stations ne fonctionnent pas toujours à leur efficacité
maximale, à cause de la dilution des polluants provoquée par le rejet des eaux
de pluie dans le système d'égouts ! Nous devrions, pour bien faire, séparer la
collecte des eaux de pluie de celle des eaux usées.
Mais c'est une autre histoire.
Enfin, même épurées, ces eaux sont rejetées dans le milieu naturel après la
station et en grandes quantités, puisque résultant de la collecte de plusieurs
ménages.
Avec l'épuration individuelle, rien de tout ça. En effet, si l'on utilise un
système classique, qui finalement fonctionne comme une station collective mais
au niveau du particulier, on "produit" également une certaine
quantité de nitrates. Mais ces nitrates peuvent être dispersés dans le sol, qui
a son propre pouvoir épurateur.
Si l'on opte pour un système à lagunage, les nitrates sont récupérés par les
plantes des bassins, ou également infiltrés dans le sol.
Enfin, dans un système à toilettes sèches, le problème ne se pose même pas,
étant donné qu'il n'y a pas de contamination en masse des eaux usées par les
matières fécales qui se retrouvent dans le compost.
La Région wallonne délivre une prime à l'épuration individuelle, pour autant que votre habitation existait déjà lors de l'entrée en vigueur du PCGE (et si ce même PCGE vous déclare en zone d'épuration individuelle ou si vous bénéficiez d'une dérogation). Cette prime est de 60.000 BEF pour tout système qui épure moins de 6 EH (équivalent habitant). De plus, vous récupérez la taxe "épuration" de 16 BEF/m3 puisque vous épurez votre eau, et ne participez donc pas au financement de l'épuration collective. La récupération de la taxe est valable que vous ayez pu bénéficier de la prime ou non.
Un système classique coûte aux environs de 120 à 200.000 BEF, un système
plus avancé comme le lagunage, 200 à 300.000 BEF et un système à toilettes
sèches, de 40 à 60.000 BEF (soit le montant de la prime !). Dans ce dernier
système, c'est le traitement des eaux grises qui justifie la dépense.
Ça bouge dans l'épuration individuelle !
Il y a peu, l'accent était mis sur l'épuration collective - et donc sur la pose
d'égouts en nombre suffisant. Mais nous sommes revenus à une vision plus
réaliste des choses.
Ainsi, les habitations qui devront être épurées individuellement devraient être
plus nombreuses à l'avenir. Avec en prime, une éventuelle augmentation de la
prime, tout comme l'instauration d'un label doublé d'un contrôle des systèmes
d'épuration individuelle, un peu comme le contrôle technique pour les voitures.
Wait and see, donc.
Si le domaine de l'épuration individuelle risque encore d'évoluer, la
meilleure des solutions - et qui plus est, d'application immédiate - c'est de
ne pas polluer l'eau et de l'utiliser parcimonieusement ! Et si vous êtes
raccordé à l'égout, c'est la seule manière que vous avez de participer
directement à une meilleure qualité de nos eaux.
Des exemples ? Utiliser des produits écologiques (à base de végétaux,
facilement biodégradables etc.), économiser l'eau sanitaire, pourchasser les
fuites, préférer des produits concentrés et doser correctement la quantité de
produit à utiliser, ne pas vider ses fonds de produits dangereux dans
l'évier...
Et si vous récupérez l'eau de pluie, sachez que celle-ci, de par sa nature très
douce, vous permet de n'utiliser qu'un minimum de produit de vaisselle ou de
lessive. De plus, récolter l'eau de pluie évite de la gaspiller en la
rejetant... à l'égout, où elle n'a pas sa place. Pour de plus amples
renseignements, tous ces thèmes sont abordés dans nos fiches conseils.
Si votre volonté est d'épurer au mieux vos eaux (et que vous en avez la possibilité !), nous ne pouvons que vous recommander d'opter pour un système utilisant des plantes, comme le lagunage. Et si vous optez pour la version franchement volontariste, le système à toilettes sèches est le plus efficace, tout en étant le plus difficile à adopter. Profitez des visites qui sont organisées pour vous familiariser avec ce système !
N'oubliez pas non plus les différentes aides accordées par la Région en matière d'épuration individuelle. Il n'y a pas que l'environnement qui en profite !
Source : http://www.ecoconso.be/
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