suite à une plainte mouillant les dirigeants.
Par une lettre recommandée du 25 mai, elle vient de signifier à un de ses experts la suspension de son agrément en tant que spécialiste en commerce extérieur avec effet immédiat. Détail troublant, l’intéressé n’est autre B. B., l’expert qui a déposé une plainte dénonçant la mauvaise qualité des produits d’une entreprise aidée par l’Agence.
Dans le cadre de l’enquête, le patron de l’Awex, Philippe Suinen, et d’autres dirigeants de l’agence (service incitants financiers) ont été auditionnés par la section financière de la police judiciaire de Liège ("LLB" du 6/4).
Selon nos informations, les policiers ont bouclé leur enquête, mais ils attendent toujours un signe du substitut en charge du dossier au parquet de Liège pour la marche à suivre. En attendant, c’est l’expert à l’origine de la plainte qui vient d’être frappé par une mesure qui s’apparente à une sanction.
"Ce n’est pas une pénalisation, mais la prise en compte de l’adéquation du comportement de l’expert avec ce que les entreprises attendent de lui.C’est une décision qui a été prise par le comité d’accompagnement de l’Agence qui statue à l’échéance de la validité de l’agrément", nous a confié Philippe Suinen. Il indique que les missions de l’expert en cours pourront être menées à terme.
Mais le hic est que l’agrément de trois ans de l’expert B. B. n’arrive à échéance qu’en octobre 2009. Et il n’aurait même pas été entendu avant le verdict du comité d’accompagnement.
De plus, la décision qui le frappe vient juste après l’adoption d’un nouveau règlement pratiquement à la même date. Le point 9 du nouveau texte dont "La Libre" a eu connaissance fixe les situations dans lesquelles l’agrément peut être suspendu ou retiré : remise de deux rapports jugés insuffisants par l’entreprise ou l’Awex, infraction à l’obligation de confidentialité dans le chef de l’expert, événements graves entre l’entreprise et l’expert ou entre l’Awex et l’expert susceptible d’ébranler la confiance à l’égard de l’expert.
Dans le cas de B. B. (qui jouit d’une reconnaissance de sa qualité au niveau européen), l’Agence justifie le retrait par "le principe de précaution et de prudence en raison de plusieurs circonstances qui sont de nature à ébranler sa confiance" d’après la lettre dont "La Libre" a eu connaissance.
Elle invoque notamment des informations fournies par des entreprises à propos d’arrangements financiers proposés par B. B. et qui seraient non conformes aux dispositions administratives et légales.
L’Awex avance aussi l’existence d’un litige commercial avec une entreprise à propos d’une mission d’intérim management dans le domaine du traitement de l’eau pour le continent africain ainsi que les divers développements impliquant l’Awex dans une procédure judiciaire et dans la presse.
Certains évoquent le fait que l’expert se soit vu retirer son agrément de conseiller en commerce extérieur par le fédéral comme étant aussi une des raisons, mais l’agence aurait joué un rôle dans cette procédure.
En guise de recours, il reste à B. B. de s’adresser au médiateur de la Région wallonne, mais en attendant, il risque de se retrouver sur la paille.